Comment penses tu qu’elle a commencé cette histoire? Pourquoi penses tu que nous en sommes là? Tout est de ma faute? Quelques mois de mariage seulement et déjà on arrive plus a s’entendre. Je ne vais pas te demander ce qui s’est passé. Je sais très bien ce qui s’est passé. Mais avant de partir, laisse moi une chance. Une toute petite chance de t’expliquer mon histoire. Toute la vérité je te la livre sans rien te cacher.
Je me souviens de la première fois que je t’ai vu, c’était il y a un peu plus de vingt ans de cela. J’accompagnais ma mère au bureau de ton père et tu y étais passée. Tu n’etais qu’un enfant et j’étais déjà un adolescent. Je détestais ton père, je le déteste toujours d’ailleurs et si je suis venu vers toi en premier lieu c’était pour te faire souffrir comme lui m’avait fait souffrir mais je suis tombé amoureux de toi. Ton père n’arrêtait pas de se plaindre à ma mère qui était sa secrétaire du fait qu’il n’avait pas de fils. Ta mère ne voulait pas avoir d’autres enfants alors ma mère pris l’habitude de m’emmener à son bureau, que je puisse passer du temps avec lui.
J’avais 13 ans, mais j’ai tout de suite compris que quelque chose clochait. Il me faisait des cadeaux, me donnait de l’argent mais je n’arrivais pas à me détendre en sa présence. Il envoya ma mère faire une série de course qui devrait lui prendre toute une journée. Quand il ferma la porte derrière lui, mon cœur s’arrêta. Puis il m’a violé et m’a violenté toute la journée. Il me dit que je n’avais pas de père et que si j’en parlais à ma mère, elle perdrait son emploi et ne pourrait plus subvenir à mes besoins. Ça a continué pendant deux ans, je suppose qu’il a dû se lasser de moi. Je n’en ai jamais parlé avant aujourd’hui et ton père est mort respecté et admiré de tous.
J’ai été un ado violent, même le sexe pour moi ne pouvait se décanter de la douleur. Mes premières petites amies s’enfuirent toutes en me considérant comme un malade qui a besoin d’être enfermé dans un hôpital psychiatrique. Je me mis à aller voir les prostituées mais là encore, elles acceptaient rarement de coucher avec moi car elles me considéraient comme un Jack l’éventreur en devenir. J’étais déjà dans la vingtaine et je ne savais toujours pas ce qui me plaisait sexuellement jusqu’à ce que je tombe sur une dame dans la quarantaine dans un bar par le plus grand des hasards.
Elle était encore plus dérangée que moi. Il n’y avait pas de limite a ce qu’elle pouvait supporter et le jour où elle se mit à me dominer se fut une révélation. Voilà ce que mon corps réclamait, plus la souffrance était grande, plus mon orgasme était puissant. Un jour où il m’était particulièrement difficile de jouir, elle me mit un doigt dans l’anus et ce fut un orgasme ouragan qui détruisait tout sur son passage. Depuis ce jour, le doigté devint part intégrante de nos pratiques sexuelles. Je ne voulais jamais demander en premier, mais je ne vivais que pour ces moments là. Des fois elle faisait semblant de ne pas vouloir le faire et en ces moments là, je mourrais littéralement pour vivre quand elle se décidait enfin à le faire.
En quelques mois, elle réussit à me dominer complètement. Et quand je la vis avec un godemichet joliment attaché à la ceinture comme s’il était un pénis naturel. Il ne me vint pas une seconde l’idée de protester. Et elle me baisa, je n’ai jamais baisé une femme de ma vie comme elle m’a baisé. J’ai joui du cul une dizaine de fois avant d’ejaculer. J’étais à la fois horrifié et ébahi. Je pensais qu’automatiquement ça faisait de moi un homosexuel et je ne détestais rien comme je détestais un homosexuel. J’ai laissé sa maison ce jour là en me faisant la promesse de ne plus jamais y mettre les pieds.
Quelques soirs après, j’étais dans un bar avec un ami et il y avait un groupe de jeunes qui me tapaient sur les nerfs. Ils étaient visiblement homosexuels, je me disais que le pays allait vraiment à sa perte mais mon ami lui avait un discours qui n’était que tolérance. J’estimais que l’un des jeunes passa trop près de moi et je le battis, les autres vinrent à son secours mais je les bâtis tous jusqu’à ce mon ami et moi nous nous faisions chasser du club. Mon ami arrêta de me parler, mais je n’avais que lui a cette époque et à force de chercher à rentrer en contact avec lui, il finit par accepter de me revoir. Il m’avoua être gay, je me sentis trahit, je le connaissais depuis plus de dix ans et il ne correspondait pas à l’image que je me faisais des homosexuels. Il me montra plusieurs documentaires, des livres et études qui finirent par me convaincre que l’homosexualité n’était pas un choix. Mais la question demeurait, étais-je homosexuel?
Je me mis à fréquenter les milieux gays avec mon ami et après quelques mois à les fréquenter et après que plusieurs d’entre eux m’aient fait des avances ou essayer de sortir avec moi je finis par comprendre que je n’étais pas gay. Le corps d’un mâle, quelque soit son âge, sa taille, sa morphologie ou sa couleur de peau, ne m’attire pas. Mais j’ai découvert en sortant avec lui les hommes trans, s’ils restent des hommes, leurs corps sont des corps de femelles pour la plupart. Et aussi longtemps que le corps reste celui d’une femelle, ça m’attirait. Je commençais par coucher avec ceux qui voulaient bien sodomiser un homme. Je sortais avec des filles avec lesquelles j’avais des relations normales selon les normes de la société machiste hétéronormée.
Un jour en faisant les courses, on s’est rencontré. Je me suis tout de suite souvenu de toi. Je vais pas t’expliquer notre rencontre mais je vais te dire que la première fois où l’on coucha ensemble, je sus que tu étais la bonne. Je n’ai depuis couché avec aucune autre personne en dehors de toi. Et l’on s’est marié parce que je voulais finir ma vie à tes côtés. Malheureusement, à cause de mes amis que je ne puis rejetter, tu penses que je suis gay ou bisexuel. Et pour couronner le tout, mon corps a des besoins que tu ne comprends pas. Je comptais te les cacher, mais ça faisait presque deux ans, je n’en pouvais plus. J’ai été plus étonné que toi quand je t’ai demandé de me mettre un droit à l’intérieur. Tu me gifflais, j’étais excité. J’étais au bord de l’orgasme et n’arrivait pas à l’atteindre. Alors je l’ai dit sans le penser. Je n’avais jamais eu l’occasion de te choquer.
Je ne peux pas t’interdire de me quitter pour si peu. Pour moi s’est peu mais pour toi, ça doit faire beaucoup. Je vais désormais être sincère avec toi. Je détestais ton père parce que j’étais conscient qu’il me faisait du tort, je n’aime pas les hommes et le contact du corps d’un autre homme me répugne. Mais quand il était en moi, qu’il bougeait des reins, qu’il me frappait contre son bureau, c’est la première fois que j’avoue ça mais j’y prenais un certain plaisir. Un viol reste un rapport sexuel et le fait que quelquefois j’ai joui, ça n’enlève rien au fait que c’était du viol ou que je ne sois pas homosexuel. Le fait est que j’aime me faire sodomiser par une femelle. Je le préfère au coït vaginal traditionnel qui reste très agréable. Si tu veux, l’on peut toujours trouver un arrangement, faire des compromis mais sinon tu es libre de partir. Je t’aime et je t’aimerai toujours.
C’est toujours le plaisir pour moi de lire tes textes
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